Cent fleurs et quelques

 

Portrait imaginaire de Zhu Yunming

 

« Les cent noms qui comptent sont transcrits en pinyin et classés dans l’ordre alphabétique qui en découle. Chacun de ces individus à été soit un « phénomène », à tous les sens du terme, soit à l’origine d’écoles stylistiques nées après sa disparition, parfois les deux. Cent noms, c’est beaucoup mais très peu si l’on considère que le bon maniement du pinceau a été quotidien, inévitable et partagé au sein de la société chinoise de tous les temps, à partir d’un certain niveau d’éducation – grosso modo celui du petit fonctionnaire et du grand commerçant – et plus encore au fur et à mesure que l’on s’élevait dans la hiérarchie. C’est dire que, la documentation ne faisant pas défaut, on pourrait aussi bien ne pas aligner cent noms intéressants, mais un million. »

Un exemple ? 
Du Du
杜度 (actif sous l’empereur Zhang des Han de l’Est, régnant entre 76 et 88). Zi Bodu. Originaire de Jingzhao, l’un des districts de Chang’an (aujourd’hui Xi’an). Petit-fils de Du Yannian, ministre engagé dans la Dispute sur le sel et le fer, il fut nommé administrateur du Qi (Shandong) en 76. Célèbre pour sa cursive, encore modeste et rompant faiblement avec le style des scribes li, mais considérée alors comme un phénomène étonnant, inacceptable dans les sphères de l’État, où pourtant l’empereur s’avisa de l’imposer. Le nom de ce dernier fut d’ailleurs associé à cette forme primitive du cao due à Du Du : zhangcao.

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Calligraphie chinoise, Lucien X. Polastron, Imprimerie nationale Éditions, Paris, 2011, ISBN9782330000660, se trouve chez tous les bons libraires.